Vivre un moment difficile, un chagrin, une colère ... y'a rien de plus normal dans la vie. Bienvenue dans le monde des émotions, oscillant entre les moments de grâce et les épreuves pénibles...en passant par des périodes plus ou moins neutres, un peu comme le tracé de son électrocardiogramme. Moi quand je regarde l'image d'un électro normal, je trouve que ça ressemble pas mal au p'tit train train quotidien avec ses hauts et ses bas.
Je dis souvent à mes clients que le jour où on ne vit plus d'émotions, qu'on reste au neutre à temps plein... on est habituellement mort. Ou bien la vie est tellement sur le neutre que plus rien n'est joyeux, plus rien n'est triste... c'est le grand vide... le beige mur à mur. Tu ne te sens plus vivante alors... c'est un peu la même chose.
Lorsque la ligne reste au point mort ou que la pente descendante s'éternise, que ça ne remonte plus comme il se doit, que ton électrocardiogramme de vie se débalance dans le temps et ne retrouve plus son rythme normal, il va de soi qu'il faut faire quelque chose. À la grande question : ai-je besoin d'un antidépresseur ? ... on entend toutes sortes de réponses ! Il y a un certain mystère et de gros tabous entourant la prise du fameux médicament.
Aujourd'hui, je ne suis pas là pour te convaincre de prendre ou non cette "pilule du bonheur" ...
ou "pilule de l'horreur" selon qu'on parle à sa voisine ou sa collègue de bureau ! Je vais prendre le temps de t'expliquer le plus simplement et clairement possible ce qui se passe dans ton corps lors de la prise d'un antidépresseur, comme je le ferais avec ma meilleure amie. C'est toujours plus facile de prendre une décision éclairée quand on est mieux renseignée. Je vais tenter de vulgariser, de simplifier le tout... C'est bien évident que ce n'est pas ici un article scientifique et je ne veux pas non plus minimiser la chose, mais mon but est que tu saisisses un peu mieux dans son ensemble ce qui se passe dans ta tête chimiquement.
Tout ce que je vais te dire, tout ce que je vais écrire peut être contredit selon les études, les écrits, les croyances et le vécu des gens autour de toi. Le meilleur conseil que je peux te donner, c'est
" fais-toi confiance" ... écoute ta p'tite voix ... et prend la meilleure décision pour TOI. Parle-toi comme tu parlerais à ta meilleure amie.
Et rappelle toi toujours de ceci : Si tu décides qu'il est temps pour toi de choisir la prise d'un antidépresseur... personne ne te le mettra dans ta bouche de force. Si tu te rends compte que ça ne te convient pas, il est toujours possible de le cesser. C'est pas un contrat d'obligation que tu signes ici, y'a pas de pénalité, de frais cachés ou de contravention. C'est toi le boss de ton corps. Tu décides si tu le prends, tu décides si tu le continues et tu décides de l'arrêter ou de le changer si ça ne te fonctionne pas comme tu le souhaiterais. Même chose dans l'autre sens. Tu as toujours refusé de le prendre, tu as maintes fois proclamé que les antidépresseurs c'est de la marde... tu as le droit de changer d'idée ! C'est TA décision.
Un antidépresseur n'est pas une hormone du bonheur en pilule. Ce n'est pas supposé te rendre zombi, ni te dépersonnaliser. Tu ne te mettras pas à danser sur la table en riant aux éclats à ton party de filles la semaine prochaine ! Pas plus que tu y resteras assise raide comme un barre, les yeux vitreux et l'écume à la bouche. Le but est de ralentir un peu le hamster qui spin dans ta tête, faire en sorte que les émotions coulent un peu plus comme sur le dos d'un canard au lieu de t'y noyer. Quand on trouve le bon médicament, on est censée se sentir mieux ... sinon c'est que ce n'est pas le bon choix et il faudra tenter un autre antidépresseur. Il en existe des dizaines sur le marché...
La dépression n'a pas seulement un volet psychologique, il y a aussi une composante biochimique. Dans notre cerveau, des substances chimiques sont présentes naturellement... entre autre la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine sont plus spécifiquement associées aux humeurs dépressives. Je pourrais aussi parler de l'hormone que bien des femmes connaissent... celle du stress ! Mais aujourd'hui je vais te parler de la principale : la sérotonine.
La sérotonine est un messager chimique présente dans ton corps, produite par un type de neurones qu'on nomme "neurone sérotoninergique". C'est ce qu'on appelle un neurotransmetteur agissant en partie sur le contrôle de l'humeur, l'agressivité, la dépression, le sommeil, la sexualité.. Elle est aussi impliquée entre autres dans le phénomène des maudites migraines, la douleur ainsi que dans les troubles anxieux. Voilà pourquoi on utilise maintenant les antidépresseurs plus souvent et pour plusieurs problèmes différents.
Le taux de sérotonine d'une personne est contrôlé pas ses gênes... ce qui pourrait expliquer l'incidence plus élevée de dépression ou troubles nerveux et même migraineux dans l'arbre généalogique. Il peut y avoir un certain terrain héréditaire oui mais ce n'est pas le seul facteur ... personne n'est à l'abri d'une dépression... bien au contraire !
Les antidépresseurs les plus souvent utilisés agissent principalement sur la sérotonine afin d'en augmenter les concentrations dans ton cerveau. Faut augmenter la production ! Ce n'est pas une pilule de sérotonine, la pilule va stimuler la production. Pour imager le tout, je dis souvent à mes clients qu'un antidépresseur agit un peu comme un chargeur de batteries. Quand tu commences le traitement, ça ne recharge pas instantanément. Ça commence à recharger mais pour avoir son plein effet, ça peut prendre de 2 à 6 semaines. Ça se fait graduellement. La plupart de ceux utilisés vont atteindre un équilibre après 2 à 3 semaines. On commence habituellement à petites doses et on augmente par pallier afin de trouver sa plus petite dose efficace et diminuer les risques d'effets secondaires.
Veux-tu qu'on en parle des effets secondaires ? Je sais que ça fait partie des plus grandes peurs et avec raison. Le but du traitement est d'être mieux... et non pire ! Sans vouloir minimiser la chose, je donne souvent comme exemple l'acétaminophène, aussi connu sur le nom de Tylenol, Atasol, Paracétamol. On ne se questionne pas vraiment quand on prend ce médicament. Rare sont les maisons où on ne retrouve pas ce produit dans sa pharmacie. Pourtant quand je prends mon compendium de médicaments (aussi disponible sur internet), dans sa monographie on y mentionne une liste assez épeurante de tous les effets indésirables possibles. Il n'y a pas de médicaments sans AUCUN effet secondaire. Comme il n'existe pas de produits naturels sans effets secondaires. Je peux avoir aussi des effets secondaires avec l'eau que je bois ! J'ai juste à aller au chalet dans le nord pour me retrouver avec certains troubles intestinaux dont je t'épargnerai les détails. Une arachide c'est naturel mais si je la consomme, je peux faire une méchante réaction, voire même en mourir! L'herbe à puce c'est naturel et j'ai pas besoin de la manger pour me gratter !
Je recommande toujours de débuter le médicament à la plus petite dose possible. Une bébé dose. C'est mieux de commencer le plus faiblement possible et augmenter graduellement que de faire l'inverse. Et si le comprimé peut se couper en deux, en quatre ... pourquoi pas ! Si ça peut te rassurer demande-le. Je prends 1/4 de comprimé pendant 2 ou 3 jours et je survis...alors j'en prends la moitié de la même façon et si tout va bien... on continue comme ça. En capsule c'est plus difficile mais ça se fait. On a des trucs. Demande avant au pharmacien si c'est possible avec ton médicament car certains médicaments doivent être avalés en entier. Dis-le à ton médecin. Si je prends le médicament, je veux faire une semaine ou deux de doses tests. Bébés doses. Souvent le problème vient du fait qu'on commence trop fort au début et on se retrouve avec des nausées, vertiges...
Les fameux étourdissements, je vais t'expliquer la chose. Quand on commence un antidépresseur, le chargeur de batteries se met en branle ! En augmentant les niveaux de sérotonine au cerveau, cette modification peut provoquer une impression d'être en bateau. Comme un flottement, un sentiment d'avoir la tête légère, ou un étourdissement avec possiblement le mal de cœur qui vient avec. C'est pourquoi on débute doucement et en augmentant progressivement la dose. Ça permet au corps de mieux s'adapter au "boostage" de sérotonine. Ce n'est pas nécessairement un effet secondaire du produit comme tel mais souvent un effet secondaire de la production de sérotonine. C'est souvent confondu ! On voit le même effet quand on cesse la médication. On recommande de la cesser très graduellement, par pallier afin d'éviter les mêmes effets de "y'a d'la houle sur la mer cette semaine ma jolie" ! Et quand on diminue la dose progressivement, ça envoie un message au corps de repartir la production naturellement.
Est-ce que tout le monde a des effets secondaires : non
Est-ce que la plupart en ont : oui à différents degrés ... allant de ultra minimes à ultra sévères.
Il y a des antidépresseurs avec un profil qui donne de l'énergie : on va le prendre le matin car en le prenant le soir, ça PEUT causer de l'insomnie. Pas chez tout le monde mais c'est possible. Mais en modifiant l'heure de la prise, souvent on règle le problème.
D'autres ont un profil relaxant, favorisant le sommeil : on va le prendre au coucher pour éviter de dormir debout le jour.
C'est drôle car il y a un antidépresseur qui est maintenant donné pour les bouffées de chaleur de ménopause et chez certaines personnes, le même médicament donne des bouffées de chaleur !!!
C'est comme l'antibiotique contre la diarrhée du voyageur ... ça peut causer de la diarrhée comme effet indésirable !!! Est-ce qu'on arrête de la prescrire. Non ! Si ça arrive on deal avec. On réajuste.
Il y a des médicaments à l'étude où on a découvert plus de gens présentant des nausées avec le placébo (pilule à base de sucre) que dans le groupe ayant pris le produit actif ! Donc lorsqu'on se conditionne ou qu'on vit une peur intense, le pouvoir de notre inconscient n'est pas à négliger. Y'a un tas de paramètres qui entrent en ligne de compte.
Un effet secondaire est une POSSIBILITÉ et non une fatalité. Et si en débutant à dose de bébé et progressivement j'ai un ... ou des effets secondaires désagréables, on en parle à son pharmacien. Soit qu'il aura un truc, soit qu'on suggèrera au médecin un changement. Un pharmacien ne fait pas que compter et distribuer des pilules. Son rôle est de s'assurer du meilleur traitement, dans les meilleurs conditions. Et comme pharmacienne, je peux faire ce qu'on appelle " une opinion pharmaceutique", c'est -à-dire une lettre de recommandations que je faxe au médecin. Que ce soit pour diminuer, augmenter, stabiliser, faire changer ... c'est ma job. J'ai pas fait 5 ans d'université pour rien. On n'a pas le choix de son médecin avec le peu de disponible au Québec, mais un pharmacien, y'en a au pouce carré. Ça se "magasine". Je ne suis pas psychologue, nutritionniste, technicienne de labo ni médecin mais en ce qui concerne les médicaments et leurs effets secondaires, c'est pas mal ma job ! Et d'expliquer le traitement aussi. Y'a des pharmaciens plus compétents et à l'écoute... faut juste le trouver ! Et je vous jure qu'il y en a.
Je pourrais m'étendre sur le sujet pendant des heures et des heures. J'y reviendrai, c'est à ça que ça sert mes capsules ! Mon but aujourd'hui était de provoquer une discussion intérieure entre toi et ton état.
Prendre un antidépresseur c'est personnel. Ça t'appartient. Je ne suis pas là pour juger si tu en as besoin ou non. Je pense sincèrement que certaines personnes en ont réellement besoin. Je suis d'avis aussi que le rétablissement ne passe pas que par la médication mais par une combinaison gagnante. Trouver une personne avec les compétences et avec qui tu te sens bien d'en parler. Stimuler ta production de sérotonine par l'exercice physique c'est documenté et reconnu...ne serait-ce que la marche ! Il faut bouger. Je suis d'avis que lorsqu'on est rendue au bout du rouleau, il faut cesser de voir l'antidépresseur comme un échec mais plutôt comme un cadeau que l'on se fait pour se donner la chance d'aller mieux. Et se promettre une chose... de prendre soin de soi !
Ça ne va pas et tu as une petite voix en toi qui te le chuchote pas mal fort... aller voir un médecin ne serait pas une mauvaise idée. Demande un bilan de santé afin de s'assurer que la base va bien.... bilan d'anémie, glande thyroide, etc. Essai de voir un professionnel de l'âme : une psychologue, une thérapeute... Le CLSC peut te rencontrer en urgence au guichet et te faire voir une intervenante qui pourra te diriger vers les bonnes ressources dans ta région. Chose certaine, il faut rester dans l'action.
Si tu fais partie de groupe des Mères-Veilleuses, je t'invite à m'envoyer dans ma boite perso tes questions, questions que je répondrai dans une prochaine capsule. Je ne peux malheureusement pas répondre personnellement à chacune, mais sous forme de chronique, je répondrai du mieux que je peux et je suis certaine que ça va en aider plusieurs ! On a toutes des interrogations, des croyances, des craintes... écrivez-moi ! Des questions concises et précises seraient appréciées.
Il est grand temps de mettre du rose dans sa vie ! Et ça commence par prendre soin de SOI !
www.jesuismv.com


